{"id":44193,"date":"2026-08-05T08:51:47","date_gmt":"2026-08-05T08:51:47","guid":{"rendered":"https:\/\/sahel.watch\/nationalisation-mines-or-sahel-2026\/"},"modified":"2026-08-05T08:51:47","modified_gmt":"2026-08-05T08:51:47","slug":"nationalisation-mines-or-sahel-2026","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sahel.watch\/en\/nationalisation-mines-or-sahel-2026\/","title":{"rendered":"Nationalisation des mines d&#8217;or au Sahel : le tournant de 2026"},"content":{"rendered":"<p>En Afrique de l&#8217;Ouest, l&#8217;or est devenu \u00e0 la fois le carburant des \u00c9tats et celui de leurs adversaires. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger figurent parmi les producteurs qui progressent le plus vite sur le continent, et leurs autorit\u00e9s de transition ont fait du m\u00e9tal jaune un levier de souverainet\u00e9 : nouveaux codes miniers, prises de participation renforc\u00e9es, nationalisations, bras de fer avec les majors occidentales et ouverture au partenaire russe. Dans le m\u00eame temps, une part massive de la production \u00e9chappe \u00e0 l&#8217;\u00c9tat et alimente contrebande et groupes arm\u00e9s. En 2026, cette double bataille de l&#8217;or \u2014 entre souverainet\u00e9 affich\u00e9e et \u00e9conomie de guerre \u2014 redessine le risque pour quiconque investit, op\u00e8re ou s&#8217;approvisionne dans la r\u00e9gion.<\/p>\n<h2>L&#8217;or, colonne vert\u00e9brale (et talon d&#8217;Achille) \u00e9conomique du Sahel<\/h2>\n<p>Pour comprendre l&#8217;enjeu, il faut mesurer le poids du secteur. Le Mali compte parmi les trois premiers producteurs d&#8217;or d&#8217;Afrique ; le Burkina Faso dispose des quatri\u00e8mes r\u00e9serves du continent et a produit plus de 57 tonnes en 2023. Au Burkina, l&#8217;or repr\u00e9sente \u00e0 lui seul environ 75 % des recettes d&#8217;exportation et pr\u00e8s de 20 % de l&#8217;emploi formel. Pour des juntes confront\u00e9es aux sanctions, au d\u00e9part des partenaires occidentaux et \u00e0 une guerre co\u00fbteuse, ce m\u00e9tal est la principale source de devises et un instrument politique de premier ordre.<\/p>\n<p>Mais le secteur a deux visages. D&#8217;un c\u00f4t\u00e9, l&#8217;or <strong>industriel<\/strong> : de grandes mines exploit\u00e9es par des multinationales, tra\u00e7ables et taxables. De l&#8217;autre, l&#8217;or <strong>artisanal<\/strong> et \u00e0 petite \u00e9chelle, qui repr\u00e9senterait pr\u00e8s de la moiti\u00e9 de la production r\u00e9gionale et reste, pour l&#8217;essentiel, informel et difficile \u00e0 contr\u00f4ler. La bataille de 2026 se joue sur ces deux fronts \u00e0 la fois : reprendre la main sur les grandes mines, et tenter de capter une rente artisanale qui, faute d&#8217;\u00eatre encadr\u00e9e, finance aussi bien des r\u00e9seaux criminels que des groupes arm\u00e9s. Cette seconde dimension prolonge un ph\u00e9nom\u00e8ne que nous avons document\u00e9 ailleurs : <a href=\"https:\/\/sahel.watch\/pourquoi-lor-artisanal-attire-t-il-les-groupes-armes\/\">pourquoi l&#8217;or artisanal attire les groupes arm\u00e9s<\/a>.<\/p>\n<h2>2026 : l&#8217;ann\u00e9e de la reprise en main mini\u00e8re<\/h2>\n<p>Le mouvement n&#8217;est pas nouveau, mais il s&#8217;est nettement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9. Sous la banni\u00e8re du \u00ab nationalisme des ressources \u00bb, les trois \u00c9tats de l&#8217;Alliance des \u00c9tats du Sahel (AES) durcissent leurs codes miniers, montent au capital des exploitations et, lorsque le rapport de force le permet, nationalisent purement et simplement. C&#8217;est le pendant minier de la <a href=\"https:\/\/sahel.watch\/souverainete-financiere-aes-banque-bcid-douane-monnaie-2026\/\">souverainet\u00e9 financi\u00e8re que l&#8217;AES cherche \u00e0 construire<\/a> avec sa banque conf\u00e9d\u00e9rale et son projet de monnaie commune.<\/p>\n<h3>Mali : code minier de 2023, Fekola et le bras de fer avec Barrick<\/h3>\n<p>Le Mali a pos\u00e9 le cadre d\u00e8s 2023 avec un nouveau code minier qui rel\u00e8ve la part de l&#8217;\u00c9tat dans les projets \u2014 jusqu&#8217;\u00e0 environ 35 % en cumulant participation directe et options \u2014 et renforce le contenu local. Les effets se lisent dans les chiffres. En 2025, la mine de Fekola, exploit\u00e9e par le canadien B2Gold (80 %, l&#8217;\u00c9tat malien d\u00e9tenant 20 % sur le gisement historique), est devenue la premi\u00e8re mine industrielle du pays, sa production bondissant de 35 % \u00e0 pr\u00e8s de 531 000 onces, d\u00e9passant le complexe de Loulo-Gounkoto. L&#8217;extension r\u00e9gionale de Fekola, lanc\u00e9e en 2025, op\u00e8re elle sous le code de 2023, avec une r\u00e9partition 65 % B2Gold \/ 35 % \u00c9tat.<\/p>\n<p>Le symbole du rapport de force reste toutefois le contentieux avec le canadien Barrick \u00e0 Loulo-Gounkoto. Apr\u00e8s deux ans de blocage \u2014 suspension de l&#8217;exploitation, stocks d&#8217;or saisis, administrateur provisoire nomm\u00e9, proc\u00e9dure d&#8217;arbitrage international engag\u00e9e \u2014 un apaisement s&#8217;est dessin\u00e9 fin 2025. Le conseil des ministres a renouvel\u00e9 le permis d&#8217;exploitation de Loulo pour dix ans le 13 f\u00e9vrier 2026, signe d&#8217;une volont\u00e9 de relance apr\u00e8s un \u00e9pisode qui a lourdement pes\u00e9 : la production nationale d&#8217;or a chut\u00e9 d&#8217;environ 23 % sous l&#8217;effet conjugu\u00e9 de l&#8217;arr\u00eat de Barrick et du durcissement r\u00e9glementaire. En parall\u00e8le, l&#8217;\u00c9tat a repris la main sur des actifs abandonn\u00e9s comme Yatela et Morila. Le message est clair : les majors peuvent rester, mais aux conditions de Bamako.<\/p>\n<h3>Burkina Faso : SOPAMIB et la nationalisation en s\u00e9rie<\/h3>\n<p>Ouagadougou est all\u00e9 plus loin dans la nationalisation directe. Le pays s&#8217;est dot\u00e9 d&#8217;un v\u00e9hicule d&#8217;\u00c9tat, la Soci\u00e9t\u00e9 de participation mini\u00e8re du Burkina (SOPAMIB), charg\u00e9e de d\u00e9tenir et d&#8217;exploiter les actifs jug\u00e9s strat\u00e9giques. Apr\u00e8s la reprise des mines de Boungou et Wahgnion en ao\u00fbt 2024 \u2014 pour environ 80 millions de dollars, une fraction des quelque 300 millions auxquels leur cession avait \u00e9t\u00e9 valoris\u00e9e \u2014 le Burkina a finalis\u00e9 en juin 2025 le transfert de cinq actifs miniers \u00e0 la SOPAMIB, dont deux mines en activit\u00e9, jusque-l\u00e0 d\u00e9tenus par des filiales d&#8217;Endeavour Mining et de Lilium.<\/p>\n<p>Cette reprise en main s&#8217;accompagne d&#8217;une logique de constitution de r\u00e9serves nationales d&#8217;or et d&#8217;un projet de raffinage local, destin\u00e9s \u00e0 mieux capter la valeur sur place plut\u00f4t que de l&#8217;exporter brute. Pour un pays o\u00f9 l&#8217;or p\u00e8se les trois quarts des exportations, l&#8217;enjeu budg\u00e9taire est vital ; mais la rapidit\u00e9 du mouvement et le prix des rachats nourrissent l&#8217;inqui\u00e9tude des investisseurs sur la s\u00e9curit\u00e9 juridique de leurs actifs.<\/p>\n<h3>Niger : la m\u00eame grammaire de souverainet\u00e9, de l&#8217;or \u00e0 l&#8217;uranium<\/h3>\n<p>Moins dot\u00e9 en or industriel que ses voisins, le Niger applique n\u00e9anmoins la m\u00eame grammaire \u00e0 l&#8217;ensemble de ses ressources. La pression exerc\u00e9e sur l&#8217;uranium \u2014 avec le bras de fer autour des actifs du fran\u00e7ais Orano \u2014 proc\u00e8de de la m\u00eame volont\u00e9 de reprise en main que les nationalisations aurif\u00e8res maliennes et burkinab\u00e8. Dans les trois cas, la ressource extractive est explicitement mobilis\u00e9e comme instrument de souverainet\u00e9 et de financement de l&#8217;\u00c9tat, au c\u0153ur du projet politique de l&#8217;AES.<\/p>\n<h2>Le pari russe : de l&#8217;or contre de la s\u00e9curit\u00e9<\/h2>\n<p>Reprendre le contr\u00f4le des mines suppose de pouvoir les s\u00e9curiser et les exploiter sans les partenaires occidentaux sortants. C&#8217;est ici qu&#8217;intervient Moscou. Confront\u00e9es \u00e0 des tr\u00e9soreries sous tension, les autorit\u00e9s de transition du Mali, du Burkina et du Niger ouvrent leur secteur minier \u00e0 la Russie en \u00e9change d&#8217;un appui militaire, selon un sch\u00e9ma d\u00e9j\u00e0 \u00e9prouv\u00e9 en Centrafrique et au Soudan : l&#8217;Africa Corps (h\u00e9ritier de Wagner) offre des services de s\u00e9curit\u00e9, et obtient en retour un acc\u00e8s privil\u00e9gi\u00e9 aux ressources. Ce troc \u00ab or contre s\u00e9curit\u00e9 \u00bb consolide un basculement d&#8217;alliances que nous avons analys\u00e9 du point de vue de <a href=\"https:\/\/sahel.watch\/linfluence-russe-modifie-t-elle-reellement-lequilibre\/\">l&#8217;influence russe et de son effet r\u00e9el sur les \u00e9quilibres<\/a>, et plus largement de la <a href=\"https:\/\/sahel.watch\/comment-les-grandes-puissances-influencent-elles-le-sahel\/\">recomposition des grandes puissances au Sahel<\/a>.<\/p>\n<p>Le calcul comporte toutefois un risque de d\u00e9pendance : adosser le financement de l&#8217;\u00c9tat et la s\u00e9curit\u00e9 des sites au m\u00eame partenaire cr\u00e9e un point de vuln\u00e9rabilit\u00e9 unique. Pour les acteurs pr\u00e9sents sur le terrain, cela signifie aussi que la s\u00fbret\u00e9 d&#8217;un site minier peut d\u00e9sormais d\u00e9pendre d&#8217;acteurs para-\u00e9tatiques dont les r\u00e8gles d&#8217;engagement et la redevabilit\u00e9 diff\u00e8rent de celles des forces conventionnelles.<\/p>\n<h2>L&#8217;autre or : l&#8217;\u00e9conomie illicite qui finance la guerre<\/h2>\n<p>Pendant que les \u00c9tats se disputent l&#8217;or industriel, une part consid\u00e9rable de la production continue de leur \u00e9chapper. L&#8217;or artisanal, qui repr\u00e9senterait environ la moiti\u00e9 de l&#8217;extraction r\u00e9gionale, est largement informel : il se pr\u00eate \u00e0 la taxation par les groupes arm\u00e9s, au contr\u00f4le de corridors et au blanchiment. La grande <a href=\"https:\/\/sahel.watch\/offensive-fla-jnim-mali-2026\/\">offensive coordonn\u00e9e d&#8217;avril 2026 dans le nord du Mali<\/a> et les gains territoriaux qui ont suivi ont, selon plusieurs analyses, favoris\u00e9 la reprise de sites d&#8217;orpaillage et de routes de contrebande.<\/p>\n<p>Les ordres de grandeur donnent le vertige. Le Burkina Faso perdrait chaque ann\u00e9e plus de 490 millions de dollars du fait de la contrebande et de la sous-d\u00e9claration des exportations. \u00c0 l&#8217;\u00e9chelle du continent, plus de 435 tonnes d&#8217;or ont \u00e9t\u00e9 sorties ill\u00e9galement d&#8217;Afrique en 2022 \u2014 plus d&#8217;une tonne par jour \u2014 pour une valeur d&#8217;environ 30 milliards de dollars, dont l&#8217;\u00e9crasante majorit\u00e9 (80 \u00e0 85 %) prend la direction des \u00c9mirats arabes unis. L&#8217;or sah\u00e9lien quitte souvent la r\u00e9gion par le Togo ou le B\u00e9nin, avant de s&#8217;envoler depuis Accra, Lom\u00e9 ou Bamako vers les march\u00e9s de Duba\u00ef. Certains chercheurs parlent d&#8217;un \u00ab or de sang \u00bb qui, \u00e0 hauteur de plusieurs milliards de dollars, entretiendrait durablement le conflit. Ces flux prolongent les <a href=\"https:\/\/sahel.watch\/quelles-routes-de-trafic-alimentent-les-conflits\/\">routes de trafic qui alimentent les conflits<\/a> et posent la question, jamais r\u00e9solue, de savoir <a href=\"https:\/\/sahel.watch\/comment-freiner-le-blanchiment-dans-des-economies-informelles\/\">comment freiner le blanchiment dans des \u00e9conomies informelles<\/a>. Le paradoxe est l\u00e0 : le m\u00eame m\u00e9tal finance \u00e0 la fois la souverainet\u00e9 revendiqu\u00e9e des \u00c9tats et la machine de guerre de leurs ennemis.<\/p>\n<h2>Ce que la bataille de l&#8217;or change pour les entreprises et les organisations<\/h2>\n<p>Pour un responsable s\u00fbret\u00e9, un investisseur ou une organisation expos\u00e9e, cette recomposition a des cons\u00e9quences tr\u00e8s concr\u00e8tes. Sur le plan <strong>contractuel et patrimonial<\/strong> d&#8217;abord : ren\u00e9gociations impos\u00e9es, mont\u00e9es au capital, saisies de stocks, dirigeants bri\u00e8vement retenus, arbitrages internationaux. Le risque pays minier s&#8217;est rench\u00e9ri, m\u00eame si le renouvellement de permis comme celui de Loulo montre que les portes ne sont pas ferm\u00e9es. La question \u00ab <a href=\"https:\/\/sahel.watch\/faut-il-encore-investir-dans-la-region-malgre-linsecurite\/\">faut-il encore investir dans la r\u00e9gion malgr\u00e9 l&#8217;ins\u00e9curit\u00e9<\/a> ? \u00bb se pose avec une acuit\u00e9 nouvelle.<\/p>\n<p>Sur le plan de la <strong>conformit\u00e9<\/strong> ensuite : tout acheteur ou transformateur d&#8217;or ouest-africain s&#8217;expose \u00e0 un risque de contamination par de l&#8217;or de conflit, avec des implications en mati\u00e8re de devoir de diligence (lignes directrices de l&#8217;OCDE, standards LBMA), de sanctions et de r\u00e9putation \u2014 d&#8217;autant que la place de Duba\u00ef est r\u00e9guli\u00e8rement point\u00e9e. Enfin, sur le plan <strong>op\u00e9rationnel et s\u00e9curitaire<\/strong> : dans un contexte o\u00f9 les mines sont \u00e0 la fois une source de revenus et une cible, la protection des sites, des convois et du personnel devient d\u00e9terminante. C&#8217;est tout l&#8217;objet de nos analyses sur la mani\u00e8re de <a href=\"https:\/\/sahel.watch\/securite-sites-miniers-sahel-surete\/\">s\u00e9curiser un site minier au Sahel<\/a> et sur le <a href=\"https:\/\/sahel.watch\/duty-of-care-sahel-proteger-personnel-zone-risque\/\">devoir de protection des \u00e9quipes en zone \u00e0 risque<\/a>. Pour situer chaque site face \u00e0 la menace, notre <a href=\"https:\/\/sahel.watch\/carte-risques-securitaires-afrique-ouest-2026\/\">cartographie des risques s\u00e9curitaires en Afrique de l&#8217;Ouest<\/a> reste le point d&#8217;entr\u00e9e. En 2026, l&#8217;or n&#8217;est plus seulement une question de cours mondial : c&#8217;est un enjeu de gouvernance, de s\u00e9curit\u00e9 et de conformit\u00e9.<\/p>\n<h2>FAQ \u2014 L&#8217;or et la souverainet\u00e9 au Sahel<\/h2>\n<h3>Pourquoi les \u00c9tats du Sahel nationalisent-ils leurs mines d&#8217;or ?<\/h3>\n<p>Pour trois raisons imbriqu\u00e9es : capter davantage de recettes dans un contexte de sanctions et de guerre co\u00fbteuse, affirmer une souverainet\u00e9 sur les ressources jug\u00e9e bafou\u00e9e par les contrats h\u00e9rit\u00e9s, et disposer d&#8217;un levier politique. Le Mali passe surtout par un code minier plus exigeant (jusqu&#8217;\u00e0 35 % pour l&#8217;\u00c9tat) et des prises de participation ; le Burkina Faso privil\u00e9gie la nationalisation directe via la SOPAMIB.<\/p>\n<h3>Les majors occidentales quittent-elles le Sahel ?<\/h3>\n<p>Pas n\u00e9cessairement. Certaines r\u00e9duisent leur exposition ou entrent en arbitrage, mais d&#8217;autres restent et ren\u00e9gocient. Le renouvellement pour dix ans du permis de Loulo au Mali, d\u00e9but 2026, montre que les \u00c9tats cherchent \u00e0 concilier reprise en main et maintien de la production industrielle, dont ils d\u00e9pendent pour leurs devises.<\/p>\n<h3>Comment l&#8217;or finance-t-il les groupes arm\u00e9s ?<\/h3>\n<p>Essentiellement via l&#8217;or artisanal, largement informel : taxation des sites d&#8217;orpaillage, contr\u00f4le des corridors, pr\u00e9l\u00e8vements sur les transporteurs et blanchiment. La reprise de zones dans le nord du Mali en 2026 a favoris\u00e9 le retour de cette \u00e9conomie de pr\u00e9dation.<\/p>\n<h3>O\u00f9 part l&#8217;or export\u00e9 du Sahel ?<\/h3>\n<p>Une part importante transite, l\u00e9galement ou non, vers les \u00c9mirats arabes unis, plaque tournante mondiale du n\u00e9goce. L&#8217;or sah\u00e9lien sort fr\u00e9quemment via les pays c\u00f4tiers (Togo, B\u00e9nin, Ghana) avant d&#8217;\u00eatre exp\u00e9di\u00e9 vers Duba\u00ef, ce qui complique la tra\u00e7abilit\u00e9 et la lutte contre la contrebande.<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>La bataille de l&#8217;or r\u00e9sume, \u00e0 elle seule, la trajectoire du Sahel en 2026 : une qu\u00eate de souverainet\u00e9 qui bouscule les majors et rapproche de Moscou, doubl\u00e9e d&#8217;une \u00e9conomie illicite qui finance les violences que les \u00c9tats cherchent \u00e0 combattre. Pour les entreprises et les organisations pr\u00e9sentes dans la r\u00e9gion, l&#8217;enjeu n&#8217;est plus de suivre le seul cours de l&#8217;once, mais d&#8217;int\u00e9grer le m\u00e9tal jaune dans leur lecture du risque politique, s\u00e9curitaire et r\u00e9glementaire. C&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment la vocation de Sahel Watch : transformer un flux d&#8217;informations dispers\u00e9 en une lecture claire, cartographi\u00e9e et actionnable du risque.<\/p>\n<p style=\"text-align:center;\"><a href=\"https:\/\/sahel.watch\/contact\/\" style=\"display:inline-block;background:#EA6123;color:#FFFFFF;border:2px solid #EA6123;border-radius:100px;padding:12px 28px;font-weight:700;text-decoration:none;\">Demander une d\u00e9monstration de la plateforme<\/a><\/p>\n<p><em>Sources : <a href=\"https:\/\/www.mining.com\/web\/burkina-faso-completes-nationalization-of-five-gold-mining-assets\/\" rel=\"nofollow\">MINING.COM<\/a> (nationalisation de cinq mines au Burkina Faso, juin 2025) ; <a href=\"https:\/\/allafrica.com\/stories\/202602160018.html\" rel=\"nofollow\">allAfrica \/ Reuters<\/a> (renouvellement du permis de Loulo, f\u00e9vrier 2026) ; <a href=\"https:\/\/www.aa.com.tr\/en\/africa\/strike-gold-reclaim-power-sahel-s-resource-nationalism-rises\/3642263\" rel=\"nofollow\">Anadolu Agency<\/a> (nationalisme des ressources au Sahel) ; <a href=\"https:\/\/www.unodc.org\/documents\/data-and-analysis\/tocta_sahel\/TOCTA_Sahel_Gold_v5.pdf\" rel=\"nofollow\">ONUDC<\/a> et <a href=\"https:\/\/www.swissaid.ch\/en\/media\/united-arab-emirates-more-than-ever-a-hub-for-conflict-gold\/\" rel=\"nofollow\">SWISSAID<\/a> (trafic d&#8217;or sah\u00e9lien et r\u00f4le des \u00c9mirats).<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En Afrique de l&#8217;Ouest, l&#8217;or est devenu \u00e0 la fois le carburant des \u00c9tats et celui de leurs adversaires. 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