{"id":22715,"date":"2026-01-20T15:13:11","date_gmt":"2026-01-20T15:13:11","guid":{"rendered":"https:\/\/sahel.watch\/?p=22715"},"modified":"2026-03-22T18:05:42","modified_gmt":"2026-03-22T18:05:42","slug":"quelles-routes-de-trafic-alimentent-les-conflits","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sahel.watch\/en\/quelles-routes-de-trafic-alimentent-les-conflits\/","title":{"rendered":"Quelles routes de trafic alimentent les conflits ?"},"content":{"rendered":"<p>\nLes conflits arm\u00e9s et l\u2019extr\u00e9misme violent en Afrique de l\u2019Ouest ne se d\u00e9veloppent pas dans le vide. Ils s\u2019inscrivent dans des espaces travers\u00e9s par d\u2019intenses flux de marchandises licites et illicites. Drogue, or, carburant, b\u00e9tail, armes, migrants : ces circulations empruntent des routes de trafic anciennes, souvent plus stables que les fronti\u00e8res \u00e9tatiques. Comprendre ces routes et leurs logiques est essentiel pour saisir comment les groupes arm\u00e9s financent leurs op\u00e9rations, consolident leur influence locale et se projettent \u00e0 l\u2019\u00e9chelle r\u00e9gionale.\n<\/p>\n<p>\nPlut\u00f4t qu\u2019une \u00ab route unique \u00bb du crime, il s\u2019agit d\u2019un maillage de corridors qui se recoupent, se d\u00e9placent et se recomposent au gr\u00e9 des opportunit\u00e9s, des r\u00e9pressions et des alliances locales. Trois grandes dynamiques se d\u00e9tachent : les routes transsahariennes, les corridors c\u00f4tiers et les circulations internes autour des ressources naturelles.\n<\/p>\n<h2>Routes transsahariennes : de la contrebande \u00e0 l\u2019\u00e9conomie de guerre<\/h2>\n<p>\nLes routes transsahariennes relient historiquement le Maghreb au Sahel et \u00e0 l\u2019Afrique de l\u2019Ouest. Longtemps structur\u00e9es par le commerce caravanier (sel, b\u00e9tail, produits manufactur\u00e9s), elles servent aujourd\u2019hui au passage de marchandises de contrebande et de trafics \u00e0 plus forte valeur ajout\u00e9e.\n<\/p>\n<h3>Une g\u00e9ographie de la porosit\u00e9 frontali\u00e8re<\/h3>\n<p>\nPlusieurs axes se distinguent, avec des variantes locales :\n<\/p>\n<ul>\n<li>du sud de l\u2019Alg\u00e9rie et de la Libye vers le nord du Mali et du Niger, puis vers le Burkina Faso et le golfe de Guin\u00e9e ;<\/li>\n<li>de la Mauritanie vers le Mali et le S\u00e9n\u00e9gal ;<\/li>\n<li>des zones frontali\u00e8res alg\u00e9ro-nig\u00e9riennes et libyo-nig\u00e9riennes vers le Nigeria et le bassin du lac Tchad.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\nCes routes s\u2019appuient sur des espaces faiblement contr\u00f4l\u00e9s par les \u00c9tats, o\u00f9 la surveillance est compliqu\u00e9e par l\u2019immensit\u00e9 des territoires, la faiblesse logistique des forces de s\u00e9curit\u00e9 et l\u2019ancrage historique de circuits marchands informels. Des r\u00e9seaux de passeurs, commer\u00e7ants, transporteurs et interm\u00e9diaires communautaires y op\u00e8rent de longue date, souvent en combinant activit\u00e9s licites et illicites.\n<\/p>\n<h3>R\u00f4le des groupes arm\u00e9s et jihadistes<\/h3>\n<p>\nLes groupes arm\u00e9s non \u00e9tatiques, y compris les organisations jihadistes, ne contr\u00f4lent pas toujours directement les trafics. Leur r\u00f4le est souvent celui de \u00ab fiscalisateur arm\u00e9 \u00bb : ils taxent les flux, s\u00e9curisent certains tron\u00e7ons, arbitrent des conflits entre r\u00e9seaux. Cette logique s\u2019observe dans le centre et le nord du Mali, dans certaines zones du Niger, ainsi que dans les espaces frontaliers Mali\u2013Burkina Faso\u2013Niger.\n<\/p>\n<p>\nLes revenus tir\u00e9s de cette \u00ab fiscalit\u00e9 informelle \u00bb alimentent la logistique des groupes (motos, carburant, armes l\u00e9g\u00e8res, ravitaillement) et renforcent leur capacit\u00e9 \u00e0 n\u00e9gocier avec les communaut\u00e9s locales, par exemple en garantissant la s\u00e9curit\u00e9 de certains convois ou march\u00e9s. Dans certains cas, des segments de ces routes deviennent de v\u00e9ritables \u00ab couloirs de non-droit \u00bb o\u00f9 coexistent passeurs, contrebandiers, groupes arm\u00e9s et acteurs \u00e9tatiques corrompus.\n<\/p>\n<h2>Trafic de drogue : un carburant financier majeur<\/h2>\n<p>\nDepuis le milieu des ann\u00e9es 2000, l\u2019Afrique de l\u2019Ouest s\u2019est affirm\u00e9e comme zone de transit de la coca\u00efne d\u2019Am\u00e9rique du Sud vers l\u2019Europe. \u00c0 cela s\u2019ajoutent le cannabis (local et import\u00e9) et, plus r\u00e9cemment, des substances pharmaceutiques d\u00e9tourn\u00e9es.\n<\/p>\n<h3>Corridors de la coca\u00efne<\/h3>\n<p>\nLes cargaisons de coca\u00efne arrivent principalement par voie maritime ou a\u00e9rienne sur les c\u00f4tes atlantiques (notamment Guin\u00e9e, Guin\u00e9e-Bissau, S\u00e9n\u00e9gal, parfois C\u00f4te d\u2019Ivoire) ou via des pays du golfe de Guin\u00e9e plus au sud, avant de remonter vers le Sahel et l\u2019Europe. Des routes terrestres relient alors les ports aux zones sah\u00e9liennes, en combinant :\n<\/p>\n<ul>\n<li>axes routiers formels (corridors commerciaux) entre ports et capitales ;<\/li>\n<li>pistes secondaires passant par des zones rurales et frontali\u00e8res ;<\/li>\n<li>r\u00e9seaux de transport informels (camions, v\u00e9hicules l\u00e9gers, convois mixtes).<\/li>\n<\/ul>\n<p>\nDes enqu\u00eates et rapports montrent que ces flux impliquent des acteurs tr\u00e8s divers : r\u00e9seaux criminels transnationaux, \u00e9lites politico-\u00e9conomiques locales, segments corrompus des forces de s\u00e9curit\u00e9, mais aussi, par endroits, groupes arm\u00e9s. L\u2019implication directe des organisations jihadistes dans le trafic de coca\u00efne reste d\u00e9battue, mais leur r\u00f4le dans la taxation des routes et la s\u00e9curisation de certains tron\u00e7ons est mieux document\u00e9.\n<\/p>\n<h3>\u00c9conomie locale de la drogue et violences<\/h3>\n<p>\n\u00c0 c\u00f4t\u00e9 des grandes routes internationales, des \u00e9conomies locales de la drogue se d\u00e9veloppent : production de cannabis, petits trafics de psychotropes, circulation de m\u00e9dicaments d\u00e9tourn\u00e9s. Ces march\u00e9s alimentent :\n<\/p>\n<ul>\n<li>des formes de criminalit\u00e9 urbaine et p\u00e9riurbaine (racket, banditisme) ;<\/li>\n<li>la corruption de segments de l\u2019appareil s\u00e9curitaire ;<\/li>\n<li>des tensions entre groupes de jeunes, gangs ou milices locales.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\nDans certaines villes sah\u00e9liennes ou du golfe de Guin\u00e9e, ces dynamiques se superposent aux tensions politiques et aux frustrations socio-\u00e9conomiques, cr\u00e9ant un environnement propice \u00e0 la mobilisation violente, m\u00eame si le lien direct avec les groupes jihadistes reste variable selon les contextes.\n<\/p>\n<h2>Or, ressources naturelles et routes int\u00e9rieures de conflit<\/h2>\n<p>\nAu-del\u00e0 des flux transnationaux, de nombreuses routes de trafic sont centr\u00e9es sur les ressources naturelles : or, b\u00e9tail, bois, charbon de bois, minerais divers. Ces routes sont souvent moins visibles m\u00e9diatiquement que celles de la drogue, mais leur impact sur les conflits est consid\u00e9rable.\n<\/p>\n<h3>Orpaillage et or de contrebande<\/h3>\n<p>\nL\u2019orpaillage artisanal s\u2019est fortement d\u00e9velopp\u00e9 au Mali, au Burkina Faso, au Niger, en Guin\u00e9e et dans d\u2019autres pays ouest-africains. Autour des sites d\u2019extraction se structurent des routes d\u2019acheminement :\n<\/p>\n<ul>\n<li>des \u00e9quipements et intrants (carburant, explosifs, mercure, produits chimiques) ;<\/li>\n<li>de l\u2019or brut vers des march\u00e9s locaux, puis vers des centres urbains ou des pays voisins pour l\u2019exportation.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\nDes groupes arm\u00e9s et jihadistes interviennent \u00e0 plusieurs niveaux :\n<\/p>\n<ul>\n<li>imposition de taxes sur l\u2019acc\u00e8s aux sites et sur le transport de l\u2019or ;<\/li>\n<li>protection arm\u00e9e des sites ou des routes en \u00e9change de redevances ;<\/li>\n<li>contr\u00f4le direct de certaines zones mini\u00e8res dans des contextes de retrait ou de faible pr\u00e9sence de l\u2019\u00c9tat.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\nCes revenus peuvent \u00eatre plus stables et pr\u00e9visibles que ceux issus de trafics plus risqu\u00e9s comme la drogue. Ils renforcent l\u2019ancrage local des groupes, qui se pr\u00e9sentent parfois comme des r\u00e9gulateurs ou des protecteurs face \u00e0 des abus per\u00e7us de l\u2019administration, de forces de s\u00e9curit\u00e9 ou d\u2019entreprises mini\u00e8res.\n<\/p>\n<h3>B\u00e9tail, carburant et autres flux strat\u00e9giques<\/h3>\n<p>\nLe commerce du b\u00e9tail, essentiel \u00e0 l\u2019\u00e9conomie pastorale, suit des couloirs transfrontaliers entre le Sahel et les pays c\u00f4tiers (par exemple du Mali et du Niger vers le Nigeria, le B\u00e9nin, la C\u00f4te d\u2019Ivoire ou le Ghana). Ces routes sont parfois cibl\u00e9es par :\n<\/p>\n<ul>\n<li>des groupes arm\u00e9s qui pratiquent le vol de b\u00e9tail, le racket ou la taxation des march\u00e9s \u00e0 b\u00e9tail ;<\/li>\n<li>des milices communautaires qui cherchent \u00e0 contr\u00f4ler les flux pour financer leurs activit\u00e9s.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\nDe m\u00eame, le trafic de carburant (souvent subventionn\u00e9 dans un pays et revendu dans un autre) suit des routes bien \u00e9tablies, notamment dans les zones frontali\u00e8res avec le Nigeria. Ces flux sont importants pour l\u2019\u00e9conomie informelle et int\u00e9ressent aussi bien les r\u00e9seaux criminels que certains groupes arm\u00e9s, qui y trouvent une source de revenus et un moyen de s\u2019approvisionner en \u00e9nergie.\n<\/p>\n<h2>Trafic d\u2019armes et circulation des combattants<\/h2>\n<p>\nLes armes l\u00e9g\u00e8res et de petit calibre sont le socle mat\u00e9riel de la plupart des conflits ouest-africains. Les routes de trafic d\u2019armes se superposent en partie \u00e0 celles des autres marchandises, mais ob\u00e9issent \u00e0 des logiques sp\u00e9cifiques.\n<\/p>\n<h3>Sources et itin\u00e9raires des armes<\/h3>\n<p>\nLes armes proviennent de plusieurs sources :\n<\/p>\n<ul>\n<li>stocks \u00e9tatiques d\u00e9tourn\u00e9s ou pill\u00e9s lors de crises politiques et de coups d\u2019\u00c9tat ;<\/li>\n<li>circulation r\u00e9gionale d\u2019armes issues d\u2019anciens conflits (Lib\u00e9ria, Sierra Leone, C\u00f4te d\u2019Ivoire, Libye) ;<\/li>\n<li>importations ill\u00e9gales via des r\u00e9seaux transnationaux.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\nLes itin\u00e9raires suivent souvent des axes d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9s pour d\u2019autres trafics, mais avec des modes op\u00e9ratoires plus discrets (d\u00e9coupage des cargaisons, dissimulation dans des convois mixtes, passage par des zones difficiles d\u2019acc\u00e8s). Des interm\u00e9diaires locaux \u2013 commer\u00e7ants, chefs de r\u00e9seaux, \u00e9l\u00e9ments corrompus de forces de s\u00e9curit\u00e9 \u2013 jouent un r\u00f4le cl\u00e9 dans la distribution vers les groupes arm\u00e9s, milices communautaires ou bandits organis\u00e9s.\n<\/p>\n<h3>Combattants, migrants et routes hybrides<\/h3>\n<p>\nLes routes migratoires, notamment \u00e0 travers le Niger, la Libye et l\u2019Alg\u00e9rie, ont longtemps constitu\u00e9 des axes de mobilit\u00e9 \u00e9conomique. Dans certains contextes, ces routes deviennent hybrides : des flux de migrants coexistent avec des circulations de combattants, d\u2019armes ou de biens de contrebande. Toutefois, l\u2019amalgame syst\u00e9matique entre migration et terrorisme n\u2019est pas \u00e9tay\u00e9 par les recherches disponibles.\n<\/p>\n<p>\nDes recoupements existent n\u00e9anmoins : certains r\u00e9seaux de passeurs se diversifient vers d\u2019autres activit\u00e9s illicites, et des groupes arm\u00e9s peuvent taxer ou encadrer les flux migratoires, notamment dans des zones de d\u00e9part ou de transit. Les politiques de contr\u00f4le migratoire peuvent alors d\u00e9placer les routes, sans n\u00e9cessairement r\u00e9duire les volumes, ce qui accro\u00eet parfois la d\u00e9pendance des migrants vis-\u00e0-vis de r\u00e9seaux criminels ou arm\u00e9s.\n<\/p>\n<h2>Routes de trafic et transformation des conflits<\/h2>\n<p>\nLes routes de trafic n\u2019expliquent pas \u00e0 elles seules l\u2019\u00e9mergence des conflits, qui renvoient aussi \u00e0 des facteurs politiques, sociaux, historiques et environnementaux. En revanche, ces routes transforment la nature et la dur\u00e9e des violences.\n<\/p>\n<h3>De la revendication locale \u00e0 l\u2019\u00e9conomie de guerre<\/h3>\n<p>\nL\u2019acc\u00e8s \u00e0 des ressources issues des trafics permet aux groupes arm\u00e9s de passer d\u2019actions ponctuelles \u00e0 des campagnes prolong\u00e9es. Les financements tir\u00e9s de la taxation des routes, de l\u2019orpaillage ou de la contrebande de carburant soutiennent :\n<\/p>\n<ul>\n<li>la professionnalisation relative de certains groupes (logistique, armement, communication) ;<\/li>\n<li>la capacit\u00e9 \u00e0 entretenir des r\u00e9seaux de soutien (aides financi\u00e8res, redistribution, achats sur les march\u00e9s locaux) ;<\/li>\n<li>la r\u00e9silience face aux op\u00e9rations militaires, en facilitant la dispersion et la reconstitution des forces.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\nCette \u00ab \u00e9conomie de guerre \u00bb complique les processus de d\u00e9sengagement et de d\u00e9mobilisation, car elle cr\u00e9e des int\u00e9r\u00eats mat\u00e9riels puissants pour la poursuite du conflit, y compris pour des acteurs initialement motiv\u00e9s par des revendications politiques ou communautaires.\n<\/p>\n<h3>Effets sur les communaut\u00e9s et la gouvernance locale<\/h3>\n<p>\nLes routes de trafic reconfigurent aussi les rapports de pouvoir au niveau local :\n<\/p>\n<ul>\n<li>certains leaders communautaires, commer\u00e7ants ou autorit\u00e9s locales tirent profit de ces flux, renfor\u00e7ant leur influence ;<\/li>\n<li>d\u2019autres sont marginalis\u00e9s ou cibl\u00e9s lorsqu\u2019ils s\u2019opposent aux r\u00e9seaux criminels ou aux groupes arm\u00e9s ;<\/li>\n<li>la corruption li\u00e9e aux trafics \u00e9rode la confiance dans l\u2019\u00c9tat et ses repr\u00e9sentants.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\nDans plusieurs zones sah\u00e9liennes et frontali\u00e8res, les populations se retrouvent prises entre des acteurs multiples \u2013 forces \u00e9tatiques, groupes arm\u00e9s, r\u00e9seaux criminels \u2013 qui cherchent tous \u00e0 capter une part des flux. Cette comp\u00e9tition peut g\u00e9n\u00e9rer des violences cibl\u00e9es, des d\u00e9placements de population et une ins\u00e9curit\u00e9 chronique sur les axes commerciaux.\n<\/p>\n<h2>D\u00e9placements de routes et effets des politiques de r\u00e9pression<\/h2>\n<p>\nLes politiques de lutte contre les trafics, qu\u2019elles soient nationales ou appuy\u00e9es par des partenaires internationaux, ont des effets ambivalents. Elles peuvent perturber certains circuits, mais aussi provoquer des d\u00e9placements de routes vers des zones encore plus fragiles ou moins contr\u00f4l\u00e9es.\n<\/p>\n<p>\nLorsque la r\u00e9pression se concentre sur un tron\u00e7on particulier, les r\u00e9seaux s\u2019adaptent en ouvrant de nouveaux passages, parfois plus dangereux pour les populations locales. De plus, si la lutte contre les trafics n\u2019est pas accompagn\u00e9e d\u2019efforts cr\u00e9dibles de r\u00e9forme de la gouvernance, de r\u00e9duction de la corruption et de cr\u00e9ation d\u2019alternatives \u00e9conomiques, elle peut \u00eatre per\u00e7ue comme s\u00e9lective ou instrumentalis\u00e9e, alimentant la d\u00e9fiance.\n<\/p>\n<p>\nUne compr\u00e9hension fine des routes de trafic \u2013 de leurs logiques \u00e9conomiques, de leurs ancrages sociaux et de leurs articulations avec les conflits \u2013 est donc indispensable pour concevoir des r\u00e9ponses qui ne se limitent pas \u00e0 la dimension s\u00e9curitaire, mais prennent en compte les r\u00e9alit\u00e9s locales et r\u00e9gionales.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les conflits arm\u00e9s et l\u2019extr\u00e9misme violent en Afrique de l\u2019Ouest ne se d\u00e9veloppent pas dans le vide. Ils s\u2019inscrivent dans des espaces travers\u00e9s par d\u2019intenses flux de marchandises licites et illicites. Drogue, or, carburant, b\u00e9tail, armes, migrants : ces circulations empruntent des routes de trafic anciennes, souvent plus stables que les fronti\u00e8res \u00e9tatiques. Comprendre ces [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"Trafics au Sahel : drogue, or, armes et routes criminelles","_seopress_titles_desc":"Cartographie des routes de trafic qui alimentent les conflits arm\u00e9s au Sahel : drogue, or, carburant, armes et leurs liens avec l'extr\u00e9misme violent.","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"acteur":[111,110,109],"niveau":[114],"risque":[116,117],"thematique":[135,138],"zone":[127,126,129,128,130],"class_list":{"0":"post-22715","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","6":"acteur-acteurs-economiques-formels-et-informels","7":"acteur-communautes-et-societe-civile","8":"acteur-groupes-armes-non-etatiques","9":"niveau-niveau-analytique","10":"risque-risques-politiques","11":"risque-risques-securitaires","12":"thematique-conflits-armes-et-terrorisme","13":"thematique-economie-ressources-et-trafics","14":"zone-burkina-faso","15":"zone-guinee","16":"zone-mali","17":"zone-niger","18":"zone-senegal"},"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sahel.watch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22715","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/sahel.watch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sahel.watch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sahel.watch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sahel.watch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22715"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/sahel.watch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22715\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":23750,"href":"https:\/\/sahel.watch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22715\/revisions\/23750"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sahel.watch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22715"}],"wp:term":[{"taxonomy":"acteur","embeddable":true,"href":"https:\/\/sahel.watch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/acteur?post=22715"},{"taxonomy":"niveau","embeddable":true,"href":"https:\/\/sahel.watch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/niveau?post=22715"},{"taxonomy":"risque","embeddable":true,"href":"https:\/\/sahel.watch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/risque?post=22715"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"https:\/\/sahel.watch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=22715"},{"taxonomy":"zone","embeddable":true,"href":"https:\/\/sahel.watch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/zone?post=22715"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}