{"id":22502,"date":"2025-09-08T10:07:00","date_gmt":"2025-09-08T10:07:00","guid":{"rendered":"https:\/\/sahel.watch\/le-burkina-peut-il-inverser-la-dynamique-jihadiste\/"},"modified":"2026-03-22T18:05:00","modified_gmt":"2026-03-22T18:05:00","slug":"le-burkina-peut-il-inverser-la-dynamique-jihadiste","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sahel.watch\/en\/le-burkina-peut-il-inverser-la-dynamique-jihadiste\/","title":{"rendered":"Le Burkina peut-il inverser la dynamique jihadiste ?"},"content":{"rendered":"<p>La question d\u2019un possible \u00ab renversement \u00bb de la dynamique jihadiste au Burkina Faso se pose dans un contexte de d\u00e9gradation rapide. Depuis 2015, les violences attribu\u00e9es aux groupes arm\u00e9s non \u00e9tatiques \u2013 principalement li\u00e9s \u00e0 Al-Qa\u00efda (JNIM) et \u00e0 l\u2019\u00c9tat islamique (EIGS\/ISWAP) \u2013 ont transform\u00e9 une crise s\u00e9curitaire en crise politico-sociale majeure. Le pays figure d\u00e9sormais parmi les plus touch\u00e9s au monde par le terrorisme, avec plus de 2 millions de d\u00e9plac\u00e9s internes et de vastes zones rurales hors du contr\u00f4le effectif de l\u2019\u00c9tat.<\/p>\n<p>La r\u00e9ponse suppose de distinguer plusieurs niveaux : capacit\u00e9s militaires, gouvernance et l\u00e9gitimit\u00e9 interne, dynamiques communautaires, environnement r\u00e9gional et international. L\u2019inversion de la dynamique jihadiste ne d\u00e9pend pas d\u2019un seul levier, mais d\u2019une combinaison d\u2019\u00e9volutions convergentes.<\/p>\n<h2>Une dynamique jihadiste d\u00e9sormais enracin\u00e9e<\/h2>\n<p>Les recherches r\u00e9centes d\u2019ACLED, de l\u2019International Crisis Group, d\u2019ISS Africa et de Clingendael convergent : la violence jihadiste au Burkina Faso n\u2019est plus un simple \u00ab d\u00e9bordement \u00bb du Mali, mais un ph\u00e9nom\u00e8ne enracin\u00e9 dans les dynamiques internes du pays.<\/p>\n<p>Plusieurs \u00e9l\u00e9ments structurent cette dynamique :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Multiplication des fronts<\/strong> : apr\u00e8s le Sahel burkinab\u00e8, les violences se sont \u00e9tendues vers l\u2019Est, le Centre-Nord, puis le Nord-Ouest et, plus r\u00e9cemment, des zones proches des fronti\u00e8res ivoirienne, ghan\u00e9enne et togolaise.<\/li>\n<li><strong>Contr\u00f4le territorial diffus<\/strong> : les groupes jihadistes n\u2019administrent pas toujours de mani\u00e8re visible, mais imposent des r\u00e8gles (interdiction de certaines activit\u00e9s, taxation, justice parall\u00e8le, encadrement des mobilit\u00e9s) dans de nombreuses communes rurales.<\/li>\n<li><strong>Instrumentalisation des fractures locales<\/strong> : tensions entre agriculteurs et \u00e9leveurs, rivalit\u00e9s fonci\u00e8res, frustrations vis-\u00e0-vis des autorit\u00e9s locales et des forces de s\u00e9curit\u00e9 alimentent les recrutements et la tol\u00e9rance sociale vis-\u00e0-vis des groupes arm\u00e9s.<\/li>\n<li><strong>\u00c9rosion de la pr\u00e9sence \u00e9tatique<\/strong> : fermeture d\u2019\u00e9coles, retrait de fonctionnaires, routes dangereuses, enclavement de localit\u00e9s d\u00e9pendantes des convois militaires ou de l\u2019\u00e9conomie informelle.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Sur cette base, \u00ab inverser la dynamique \u00bb ne signifie pas seulement r\u00e9duire le nombre d\u2019attaques, mais surtout restaurer progressivement la capacit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat \u2013 ou d\u2019autres acteurs l\u00e9gitimes \u2013 \u00e0 offrir s\u00e9curit\u00e9, services et perspectives socio-\u00e9conomiques l\u00e0 o\u00f9 les groupes jihadistes se sont install\u00e9s.<\/p>\n<h2>Capacit\u00e9s militaires : un levier n\u00e9cessaire mais insuffisant<\/h2>\n<p>Les autorit\u00e9s de transition ont mis\u00e9 sur une approche de \u00ab reconqu\u00eate \u00bb centr\u00e9e sur :<\/p>\n<ul>\n<li>une mont\u00e9e en puissance rapide des <strong>Volontaires pour la d\u00e9fense de la patrie (VDP)<\/strong>, composante de milices d\u2019auto-d\u00e9fense encadr\u00e9es par l\u2019\u00c9tat ;<\/li>\n<li>une <strong>r\u00e9orientation des alliances ext\u00e9rieures<\/strong>, avec un rapprochement marqu\u00e9 de la Russie et de nouveaux acteurs de s\u00e9curit\u00e9 priv\u00e9s, sur fond de rupture avec la France ;<\/li>\n<li>une rh\u00e9torique de \u00ab guerre totale \u00bb contre le terrorisme, combin\u00e9e \u00e0 des mesures d\u2019exception (mobilisation g\u00e9n\u00e9rale, restrictions d\u2019espace civique, contr\u00f4le accru de l\u2019information).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cette strat\u00e9gie produit des effets contrast\u00e9s :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Capacit\u00e9 de riposte accrue<\/strong> : certaines zones voient un ralentissement des attaques gr\u00e2ce \u00e0 une pr\u00e9sence militaire renforc\u00e9e, \u00e0 l\u2019usage de moyens a\u00e9riens et \u00e0 une meilleure connaissance du terrain via les VDP.<\/li>\n<li><strong>Co\u00fbts humains et risques d\u2019abus<\/strong> : plusieurs rapports (ONU, ONG internationales, think tanks) documentent des exactions contre des civils, parfois sur fond de stigmatisation communautaire. Ces abus alimentent les griefs et offrent aux groupes jihadistes un narratif de protection et de vengeance.<\/li>\n<li><strong>Fatigue et vuln\u00e9rabilit\u00e9 des suppl\u00e9tifs<\/strong> : les VDP, souvent peu form\u00e9s et mal \u00e9quip\u00e9s, sont des cibles privil\u00e9gi\u00e9es et peuvent \u00eatre instrumentalis\u00e9s dans des rivalit\u00e9s locales.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Sur le plan strictement militaire, l\u2019inversion durable de la dynamique jihadiste supposerait non seulement une pression continue sur les groupes arm\u00e9s, mais aussi une r\u00e9duction nette des dommages aux civils et une capacit\u00e9 \u00e0 s\u00e9curiser les axes et les march\u00e9s ruraux. Or, la tendance actuelle reste marqu\u00e9e par un cycle d\u2019offensives et de contre-offensives, sans stabilisation durable de larges portions du territoire.<\/p>\n<h2>Gouvernance, l\u00e9gitimit\u00e9 et contrat social<\/h2>\n<p>Les travaux acad\u00e9miques et les analyses d\u2019ICG, de la Banque mondiale ou de Small Arms Survey soulignent un point central : les groupes jihadistes prosp\u00e8rent l\u00e0 o\u00f9 la relation entre \u00c9tat et populations est fragilis\u00e9e ou conflictualis\u00e9e.<\/p>\n<p>Au Burkina Faso, plusieurs facteurs p\u00e8sent sur cette relation :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>M\u00e9fiance envers les institutions<\/strong> : les coups d\u2019\u00c9tat successifs, la contestation de certaines \u00e9lites politiques et la perception d\u2019in\u00e9galit\u00e9s r\u00e9gionales ou sociales nourrissent un sentiment de distance avec l\u2019\u00c9tat central.<\/li>\n<li><strong>Justice per\u00e7ue comme lente ou inaccessible<\/strong> : dans de nombreuses zones rurales, la r\u00e9solution des conflits fonciers, familiaux ou commerciaux est co\u00fbteuse, longue ou per\u00e7ue comme biais\u00e9e. Les groupes jihadistes exploitent cette faille en proposant une justice rapide, m\u00eame si elle est coercitive.<\/li>\n<li><strong>Services publics fragilis\u00e9s<\/strong> : fermeture d\u2019\u00e9coles, difficult\u00e9s d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la sant\u00e9, raret\u00e9 des emplois formels. L\u2019absence de perspectives pour une jeunesse nombreuse alimente les recrutements, mais aussi la migration interne ou externe.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Inverser la dynamique jihadiste implique donc de reconstruire un <strong>contrat social minimal<\/strong> dans les zones affect\u00e9es :<\/p>\n<ul>\n<li>r\u00e9tablir progressivement l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019\u00e9ducation et \u00e0 la sant\u00e9, m\u00eame de mani\u00e8re modeste ou mobile ;<\/li>\n<li>renforcer des m\u00e9canismes de justice accessibles, y compris \u00e0 travers des formes de justice de proximit\u00e9 encadr\u00e9es ;<\/li>\n<li>impliquer les autorit\u00e9s locales, coutumi\u00e8res et religieuses dans la m\u00e9diation et la pr\u00e9vention des violences, tout en limitant leur instrumentalisation politique.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La difficult\u00e9 tient au fait que ces efforts doivent \u00eatre d\u00e9ploy\u00e9s en plein conflit, avec des ressources budg\u00e9taires contraintes et une forte pression s\u00e9curitaire.<\/p>\n<h2>Dimensions communautaires et risques de fragmentation<\/h2>\n<p>La dynamique jihadiste au Burkina Faso est indissociable des tensions communautaires, notamment autour :<\/p>\n<ul>\n<li>des relations entre groupes majoritaires et minoritaires dans certaines r\u00e9gions ;<\/li>\n<li>des activit\u00e9s pastorales et agricoles, dans un contexte de pression fonci\u00e8re et climatique ;<\/li>\n<li>des perceptions d\u2019alignement de certaines communaut\u00e9s avec l\u2019\u00c9tat ou avec les groupes arm\u00e9s.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Des \u00e9tudes de terrain (Clingendael, ISS Africa, Small Arms Survey) montrent que les groupes jihadistes se pr\u00e9sentent parfois comme des protecteurs d\u2019une communaut\u00e9 stigmatis\u00e9e, ou comme des arbitres dans des conflits locaux. Parall\u00e8lement, la multiplication de milices d\u2019auto-d\u00e9fense \u2013 formelles ou informelles \u2013 peut renforcer des logiques de vengeance et de stigmatisation.<\/p>\n<p>Dans cette perspective, l\u2019inversion de la dynamique jihadiste suppose :<\/p>\n<ul>\n<li>de <strong>limiter la communautarisation du conflit<\/strong>, en \u00e9vitant que la lutte contre le terrorisme soit associ\u00e9e \u00e0 une communaut\u00e9 sp\u00e9cifique ;<\/li>\n<li>de soutenir des <strong>initiatives locales de dialogue<\/strong> entre agriculteurs et \u00e9leveurs, entre groupes voisins, et de r\u00e9gulation des usages du foncier et des ressources naturelles ;<\/li>\n<li>de surveiller l\u2019essor des <strong>armes l\u00e9g\u00e8res<\/strong> et des milices, afin de r\u00e9duire les risques de violence intercommunautaire durable, m\u00eame apr\u00e8s un \u00e9ventuel reflux jihadiste.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Sans r\u00e9duction de ces tensions, les groupes jihadistes conserveront des points d\u2019ancrage, m\u00eame en cas de pression militaire forte.<\/p>\n<h2>Environnement r\u00e9gional et recomposition des alliances<\/h2>\n<p>Le Burkina Faso \u00e9volue au sein d\u2019un espace sah\u00e9lo-saharien marqu\u00e9 par :<\/p>\n<ul>\n<li>la poursuite des violences au Mali et au Niger ;<\/li>\n<li>l\u2019affaiblissement ou la reconfiguration des dispositifs internationaux (retrait de Barkhane, fin de la MINUSMA, tensions avec certains partenaires occidentaux) ;<\/li>\n<li>la mont\u00e9e en puissance de nouveaux partenariats s\u00e9curitaires, notamment avec la Russie, et le d\u00e9veloppement de cadres r\u00e9gionaux alternatifs (Alliance des \u00c9tats du Sahel).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les groupes jihadistes, eux, circulent largement entre fronti\u00e8res, adaptent leurs routes et exploitent les zones de moindre pression. L\u2019inversion de la dynamique jihadiste au Burkina Faso est donc \u00e9troitement li\u00e9e :<\/p>\n<ul>\n<li>\u00e0 l\u2019\u00e9volution des rapports de force au Mali et au Niger ;<\/li>\n<li>\u00e0 la capacit\u00e9 de coordination entre \u00c9tats sah\u00e9liens et pays du Golfe de Guin\u00e9e, notamment sur le partage d\u2019information, la gestion des fronti\u00e8res et la coop\u00e9ration judiciaire ;<\/li>\n<li>\u00e0 l\u2019\u00e9quilibre entre partenariats s\u00e9curitaires bilat\u00e9raux (Russie, Turquie, etc.) et cadres multilat\u00e9raux africains ou internationaux.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Un succ\u00e8s strictement national, isol\u00e9 du contexte r\u00e9gional, appara\u00eet peu probable. \u00c0 l\u2019inverse, une d\u00e9gradation simultan\u00e9e au Mali ou au Niger peut renforcer la pression sur le territoire burkinab\u00e8.<\/p>\n<h2>Sc\u00e9narios possibles : quelles marges pour inverser la tendance ?<\/h2>\n<p>Les analyses prospectives restent prudentes, mais plusieurs sc\u00e9narios sont discut\u00e9s dans la litt\u00e9rature sp\u00e9cialis\u00e9e :<\/p>\n<h3>Sc\u00e9nario de stabilisation relative<\/h3>\n<p>Dans ce sc\u00e9nario, le Burkina Faso parvient \u00e0 :<\/p>\n<ul>\n<li>consolider certaines zones strat\u00e9giques (axes routiers, villes secondaires, zones agricoles cl\u00e9s) ;<\/li>\n<li>r\u00e9duire la fr\u00e9quence et la l\u00e9talit\u00e9 des attaques dans des r\u00e9gions prioritaires ;<\/li>\n<li>relancer progressivement des services de base et des activit\u00e9s \u00e9conomiques.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La violence ne dispara\u00eet pas, mais elle recule suffisamment pour permettre une r\u00e9ouverture partielle de l\u2019espace humanitaire et \u00e9conomique. L\u2019inversion est alors <strong>partielle et territorialis\u00e9e<\/strong>, avec des \u00ab poches \u00bb de r\u00e9silience et des zones toujours tr\u00e8s contest\u00e9es.<\/p>\n<h3>Sc\u00e9nario d\u2019enlisement conflictuel<\/h3>\n<p>Autre possibilit\u00e9 : la confrontation se prolonge sans victoire claire d\u2019aucun camp. Les forces arm\u00e9es et les VDP contiennent certains groupes, mais sans les neutraliser durablement ; les jihadistes conservent une capacit\u00e9 de nuisance \u00e9lev\u00e9e, notamment par des attaques contre les convois, les localit\u00e9s isol\u00e9es et les symboles de l\u2019\u00c9tat.<\/p>\n<p>Ce sc\u00e9nario se traduit par :<\/p>\n<ul>\n<li>une normalisation de la violence comme horizon quotidien ;<\/li>\n<li>une \u00e9conomie de guerre marqu\u00e9e par les trafics, la taxation informelle et les march\u00e9s parall\u00e8les ;<\/li>\n<li>une fragilisation durable du tissu social, avec des d\u00e9placements prolong\u00e9s et une scolarisation interrompue.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>Sc\u00e9nario de fragmentation accrue<\/h3>\n<p>Dans un sc\u00e9nario plus pessimiste, la combinaison de la pression jihadiste, des tensions communautaires et des contraintes \u00e9conomiques conduit \u00e0 une fragmentation plus profonde du territoire. Certaines zones deviennent de facto des espaces semi-autonomes, contr\u00f4l\u00e9s par des groupes arm\u00e9s, des milices ou des r\u00e9seaux \u00e9conomiques informels.<\/p>\n<p>Dans ce cas, inverser la dynamique jihadiste devient plus difficile, car le conflit se m\u00eale \u00e0 des logiques criminelles, client\u00e9listes et communautaires, avec des acteurs arm\u00e9s aux agendas diversifi\u00e9s.<\/p>\n<h2>Conditions minimales d\u2019une inversion durable<\/h2>\n<p>Au regard des tendances actuelles, plusieurs conditions apparaissent comme des pr\u00e9requis pour esp\u00e9rer inverser la dynamique jihadiste, m\u00eame de mani\u00e8re graduelle :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>R\u00e9duction des abus contre les civils<\/strong> par l\u2019ensemble des forces engag\u00e9es, afin de limiter les recrutements jihadistes par vengeance ou par protection.<\/li>\n<li><strong>Articulation claire entre action militaire et offre politique<\/strong> : chaque zone \u00ab reprise \u00bb doit \u00eatre rapidement associ\u00e9e \u00e0 un minimum de services, de justice et de dialogue avec les communaut\u00e9s.<\/li>\n<li><strong>Gestion apais\u00e9e des tensions communautaires<\/strong>, en encadrant les milices, en soutenant les m\u00e9canismes de m\u00e9diation locaux et en \u00e9vitant les discours stigmatisants.<\/li>\n<li><strong>Coop\u00e9ration r\u00e9gionale pragmatique<\/strong>, incluant les pays c\u00f4tiers, pour limiter les effets de d\u00e9bordement et les espaces de repli des groupes arm\u00e9s.<\/li>\n<li><strong>Stabilit\u00e9 institutionnelle suffisante<\/strong> pour permettre la continuit\u00e9 des politiques publiques et la planification \u00e0 moyen terme.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces conditions ne garantissent pas une victoire rapide, mais elles augmentent la probabilit\u00e9 d\u2019un <strong>reflux progressif<\/strong> de l\u2019influence jihadiste dans certaines r\u00e9gions, et d\u2019une r\u00e9silience accrue des soci\u00e9t\u00e9s locales.<\/p>\n<p>En l\u2019\u00e9tat, la dynamique jihadiste au Burkina Faso reste \u00e0 l\u2019avantage des groupes arm\u00e9s dans plusieurs zones, mais elle n\u2019est ni irr\u00e9versible ni homog\u00e8ne. Les marges de man\u0153uvre existent, \u00e0 condition d\u2019articuler s\u00e9curit\u00e9, gouvernance et gestion fine des dynamiques locales, dans un cadre r\u00e9gional en recomposition.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La question d\u2019un possible \u00ab renversement \u00bb de la dynamique jihadiste au Burkina Faso se pose dans un contexte de d\u00e9gradation rapide. Depuis 2015, les violences attribu\u00e9es aux groupes arm\u00e9s non \u00e9tatiques \u2013 principalement li\u00e9s \u00e0 Al-Qa\u00efda (JNIM) et \u00e0 l\u2019\u00c9tat islamique (EIGS\/ISWAP) \u2013 ont transform\u00e9 une crise s\u00e9curitaire en crise politico-sociale majeure. 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