{"id":22495,"date":"2025-08-29T10:29:00","date_gmt":"2025-08-29T10:29:00","guid":{"rendered":"https:\/\/sahel.watch\/comment-eviter-un-eclatement-du-sahel-en-zones-dinfluence\/"},"modified":"2026-03-22T18:06:48","modified_gmt":"2026-03-22T18:06:48","slug":"comment-eviter-un-eclatement-du-sahel-en-zones-dinfluence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sahel.watch\/en\/comment-eviter-un-eclatement-du-sahel-en-zones-dinfluence\/","title":{"rendered":"Comment \u00e9viter un \u00e9clatement du Sahel en zones d\u2019influence ?"},"content":{"rendered":"<p>\nLe Sahel est au c\u0153ur d\u2019une recomposition g\u00e9opolitique rapide : retraits partiels ou totaux des forces occidentales, mont\u00e9e en puissance d\u2019acteurs militaires russes, affirmation de nouvelles coalitions r\u00e9gionales (Alliance des \u00c9tats du Sahel), tensions avec la CEDEAO, et persistance d\u2019une conflictualit\u00e9 arm\u00e9e diffuse. Dans ce contexte, la crainte d\u2019un \u00e9clatement du Sahel en zones d\u2019influence concurrentes \u2013 sur les plans s\u00e9curitaire, politique et \u00e9conomique \u2013 est d\u00e9sormais centrale dans les d\u00e9bats strat\u00e9giques.\n<\/p>\n<p>\nL\u2019enjeu n\u2019est pas seulement la rivalit\u00e9 entre grandes puissances. Il concerne aussi la fragmentation interne des \u00c9tats, le renforcement des acteurs arm\u00e9s non \u00e9tatiques et l\u2019\u00e9rosion de cadres r\u00e9gionaux de coop\u00e9ration. \u00c9viter un \u00e9clatement durable suppose de comprendre les dynamiques \u00e0 l\u2019\u0153uvre, les acteurs impliqu\u00e9s et les marges de man\u0153uvre encore disponibles.\n<\/p>\n<h2>Comprendre ce que signifie un \u00ab \u00e9clatement en zones d\u2019influence \u00bb<\/h2>\n<p>\nL\u2019expression \u00ab \u00e9clatement en zones d\u2019influence \u00bb renvoie \u00e0 plusieurs niveaux de fragmentation :\n<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Fragmentation externe<\/strong> : diff\u00e9renciation nette des ancrages internationaux (Russie, Occident, puissances r\u00e9gionales) selon les pays ou m\u00eame selon les r\u00e9gions \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un m\u00eame \u00c9tat.<\/li>\n<li><strong>Fragmentation interne<\/strong> : coexistence de territoires contr\u00f4l\u00e9s de facto par l\u2019\u00c9tat, par des groupes arm\u00e9s jihadistes, des milices communautaires, des groupes criminels ou des compagnies militaires priv\u00e9es.<\/li>\n<li><strong>Fragmentation r\u00e9gionale<\/strong> : affaiblissement des organisations r\u00e9gionales (CEDEAO, G5 Sahel d\u00e9funt, Union africaine) au profit de coalitions plus restreintes et politis\u00e9es.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\nLe risque n\u2019est pas uniquement la multiplication d\u2019\u00ab enclaves de s\u00e9curit\u00e9 \u00bb sous tutelle de partenaires ext\u00e9rieurs, mais la constitution de r\u00e9gimes de gouvernance diff\u00e9renci\u00e9s, parfois concurrents, qui compliquent la gestion des fronti\u00e8res, des flux \u00e9conomiques et des r\u00e9ponses aux menaces transnationales (jihadisme, trafics, migrations forc\u00e9es).\n<\/p>\n<h2>Dynamiques r\u00e9centes qui alimentent le risque de fragmentation<\/h2>\n<h3>Retrait et recomposition des pr\u00e9sences militaires ext\u00e9rieures<\/h3>\n<p>\nLes derni\u00e8res ann\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9es par :\n<\/p>\n<ul>\n<li>la fin de l\u2019op\u00e9ration Barkhane et le d\u00e9part des forces fran\u00e7aises du Mali, du Burkina Faso et du Niger ;<\/li>\n<li>le retrait de la MINUSMA du Mali, laissant un vide onusien dans un contexte de conflit actif ;<\/li>\n<li>la mont\u00e9e en puissance de partenariats s\u00e9curitaires alternatifs, notamment avec la Russie, sous des formats \u00e9tatiques et para-\u00e9tatiques (compagnies militaires priv\u00e9es, structures de s\u00e9curit\u00e9 hybrides).<\/li>\n<\/ul>\n<p>\nCes recompositions se font sur fond de tensions politiques fortes entre certains r\u00e9gimes militaires sah\u00e9liens et des partenaires occidentaux, ce qui favorise une polarisation des alignements. Le risque est de voir se constituer des \u00ab blocs de s\u00e9curit\u00e9 \u00bb rivaux, avec des doctrines, des \u00e9quipements et des cha\u00eenes de commandement difficilement compatibles.\n<\/p>\n<h3>Crise des cadres r\u00e9gionaux de coop\u00e9ration<\/h3>\n<p>\nLa suspension ou le retrait de plusieurs pays sah\u00e9liens de la CEDEAO, la fin de facto du G5 Sahel et la cr\u00e9ation de l\u2019Alliance des \u00c9tats du Sahel (AES) illustrent une recomposition r\u00e9gionale rapide. Cette \u00e9volution r\u00e9pond \u00e0 des logiques internes de l\u00e9gitimation des r\u00e9gimes militaires, mais aussi \u00e0 des divergences sur les modalit\u00e9s de lutte contre le terrorisme, la gestion des transitions politiques et les sanctions \u00e9conomiques.\n<\/p>\n<p>\nL\u2019affaiblissement de cadres r\u00e9gionaux inclusifs complique la coordination des politiques s\u00e9curitaires, \u00e9conomiques et migratoires. Il accro\u00eet aussi le risque que les \u00c9tats c\u00f4tiers du Golfe de Guin\u00e9e (B\u00e9nin, Togo, Ghana, C\u00f4te d\u2019Ivoire) d\u00e9veloppent des strat\u00e9gies de s\u00e9curisation de leurs fronti\u00e8res nord en relative autonomie, renfor\u00e7ant la segmentation entre \u00ab Sahel central \u00bb et \u00ab bande c\u00f4ti\u00e8re \u00bb.\n<\/p>\n<h3>Renforcement des acteurs arm\u00e9s non \u00e9tatiques<\/h3>\n<p>\nLes groupes jihadistes affili\u00e9s \u00e0 Al-Qa\u00efda (JNIM) ou \u00e0 l\u2019\u00c9tat islamique (EIGS et affili\u00e9s), ainsi que diverses milices d\u2019auto-d\u00e9fense et groupes criminels, consolident des formes de contr\u00f4le territorial dans plusieurs zones rurales et transfrontali\u00e8res. Dans certains cas, ils imposent des normes de gouvernance, de justice et de fiscalit\u00e9 informelle.\n<\/p>\n<p>\nCes acteurs deviennent des \u00ab autorit\u00e9s de fait \u00bb dans des espaces o\u00f9 l\u2019\u00c9tat est peu pr\u00e9sent. Leur insertion dans les \u00e9conomies locales (taxation de l\u2019orpaillage, contr\u00f4le de routes commerciales, protection de certains trafics) cr\u00e9e des zones d\u2019influence qui ne sont pas directement li\u00e9es \u00e0 une puissance \u00e9trang\u00e8re, mais qui interf\u00e8rent avec les strat\u00e9gies \u00e9tatiques et internationales.\n<\/p>\n<h2>Quels leviers pour \u00e9viter un \u00e9clatement durable en zones d\u2019influence ?<\/h2>\n<h3>Reconstituer des cadres r\u00e9gionaux inclusifs plut\u00f4t que des blocs antagonistes<\/h3>\n<p>\nUn premier enjeu consiste \u00e0 limiter la formation de blocs r\u00e9gionaux herm\u00e9tiques. Cela suppose :\n<\/p>\n<ul>\n<li><strong>de pr\u00e9server des canaux de dialogue<\/strong> entre les \u00c9tats de l\u2019AES, la CEDEAO, l\u2019Union africaine et les pays c\u00f4tiers, y compris lorsque les relations politiques sont tendues ;<\/li>\n<li><strong>d\u2019articuler des formats flexibles de coop\u00e9ration<\/strong> (coalitions ad hoc, accords bilat\u00e9raux ou trilat\u00e9raux) avec des cadres plus larges, pour \u00e9viter la multiplication de dispositifs incompatibles ;<\/li>\n<li><strong>de privil\u00e9gier des agendas th\u00e9matiques communs<\/strong> (lutte contre les trafics, s\u00e9curisation des corridors commerciaux, gestion pastorale, climat) qui d\u00e9passent les clivages politiques.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\nL\u2019objectif n\u2019est pas de revenir \u00e0 des architectures institutionnelles identiques \u00e0 celles du pass\u00e9, mais d\u2019\u00e9viter que les d\u00e9saccords politiques sur les transitions ou les alliances militaires se traduisent par une rupture durable des m\u00e9canismes de coordination r\u00e9gionale.\n<\/p>\n<h3>Renforcer les capacit\u00e9s \u00e9tatiques sans les enfermer dans une logique de tutelle<\/h3>\n<p>\nLa question de la \u00ab zone d\u2019influence \u00bb renvoie souvent \u00e0 la crainte d\u2019une tutelle s\u00e9curitaire ou politique exerc\u00e9e par une puissance ext\u00e9rieure. Limiter ce risque implique de :\n<\/p>\n<ul>\n<li><strong>diversifier les partenariats<\/strong> (formation, \u00e9quipements, appui institutionnel) pour \u00e9viter une d\u00e9pendance excessive \u00e0 un seul acteur ;<\/li>\n<li><strong>ancrer les coop\u00e9rations dans des cadres transparents<\/strong> et contractualis\u00e9s, avec une visibilit\u00e9 sur les engagements, les co\u00fbts et les m\u00e9canismes de reddition de comptes ;<\/li>\n<li><strong>mettre l\u2019accent sur les fonctions r\u00e9galiennes de base<\/strong> (justice, police, administration territoriale) plut\u00f4t que sur la seule projection militaire, afin de r\u00e9duire l\u2019espace laiss\u00e9 aux autorit\u00e9s de fait non \u00e9tatiques.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\nLa consolidation de l\u2019\u00c9tat ne se limite pas \u00e0 l\u2019appui aux forces arm\u00e9es. Elle passe par la capacit\u00e9 \u00e0 fournir des services, \u00e0 g\u00e9rer les conflits locaux (foncier, pastoralisme, chefferies) et \u00e0 garantir un minimum de pr\u00e9visibilit\u00e9 pour les populations et les acteurs \u00e9conomiques.\n<\/p>\n<h3>Articuler s\u00e9curit\u00e9, \u00e9conomie et gouvernance locale dans les zones frontali\u00e8res<\/h3>\n<p>\nLes espaces transfrontaliers \u2013 entre Mali, Burkina Faso, Niger, mais aussi avec le B\u00e9nin, le Togo, la C\u00f4te d\u2019Ivoire ou le Nigeria \u2013 sont au c\u0153ur des recompositions en cours. Ils concentrent \u00e0 la fois :\n<\/p>\n<ul>\n<li>des flux \u00e9conomiques formels et informels strat\u00e9giques (marchandises, b\u00e9tail, or, carburant) ;<\/li>\n<li>des mobilit\u00e9s pastorales et commerciales anciennes, structurantes pour les communaut\u00e9s ;<\/li>\n<li>une forte pr\u00e9sence de groupes arm\u00e9s, qui tirent profit des failles de la gouvernance frontali\u00e8re.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\nLimiter la constitution de zones d\u2019influence concurrentes dans ces espaces suppose :\n<\/p>\n<ul>\n<li><strong>une coop\u00e9ration frontali\u00e8re pragmatique<\/strong> entre \u00c9tats, y compris lorsque les relations politiques sont d\u00e9grad\u00e9es ;<\/li>\n<li><strong>une meilleure int\u00e9gration des acteurs locaux<\/strong> (chefferies, organisations de producteurs, transporteurs, commer\u00e7ants) dans les dispositifs de concertation ;<\/li>\n<li><strong>des politiques \u00e9conomiques et fiscales adapt\u00e9es<\/strong> qui r\u00e9duisent l\u2019attrait des r\u00e9gimes de taxation impos\u00e9s par les groupes arm\u00e9s.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\nLes \u00c9tats c\u00f4tiers ont un r\u00f4le particulier \u00e0 jouer dans cette articulation, en \u00e9vitant que leurs strat\u00e9gies de \u00ab sanctuarisation \u00bb des zones portuaires et urbaines ne se traduisent par un abandon durable des marges frontali\u00e8res nord \u00e0 des acteurs arm\u00e9s ou \u00e0 des partenaires ext\u00e9rieurs uniques.\n<\/p>\n<h3>Limiter la concurrence entre agendas internationaux<\/h3>\n<p>\nL\u2019intervention de multiples acteurs internationaux \u2013 \u00c9tats, organisations r\u00e9gionales, institutions financi\u00e8res, agences onusiennes, ONG \u2013 peut produire des effets contradictoires si les agendas ne sont pas coordonn\u00e9s. Le risque est alors de voir chaque partenaire se concentrer sur \u00ab son \u00bb pays ou \u00ab sa \u00bb zone, en fonction de priorit\u00e9s propres, contribuant \u00e0 la fragmentation.\n<\/p>\n<p>\nPour r\u00e9duire ce risque, plusieurs pistes se d\u00e9gagent :\n<\/p>\n<ul>\n<li><strong>renforcer la planification conjointe<\/strong> entre bailleurs et organisations r\u00e9gionales, avec une attention aux continuit\u00e9s territoriales (corridors, bassins fluviaux, zones pastorales) plut\u00f4t qu\u2019aux seules fronti\u00e8res administratives ;<\/li>\n<li><strong>\u00e9viter la duplication d\u2019initiatives<\/strong> de stabilisation ou de d\u00e9veloppement sur des p\u00e9rim\u00e8tres r\u00e9duits, au d\u00e9triment de zones moins visibles mais strat\u00e9giques ;<\/li>\n<li><strong>int\u00e9grer syst\u00e9matiquement les effets r\u00e9gionaux<\/strong> des sanctions, embargos ou conditionnalit\u00e9s, afin de limiter les impacts diff\u00e9renci\u00e9s qui peuvent pousser certains \u00c9tats \u00e0 chercher des protecteurs alternatifs.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>Prendre en compte les perceptions et les demandes des soci\u00e9t\u00e9s sah\u00e9liennes<\/h3>\n<p>\nLes dynamiques d\u2019alignement international sont largement influenc\u00e9es par les perceptions des populations et des \u00e9lites locales. Les discours sur la \u00ab souverainet\u00e9 \u00bb, le rejet de certaines pr\u00e9sences \u00e9trang\u00e8res ou la valorisation de nouveaux partenaires s\u2019inscrivent dans des histoires longues de relations in\u00e9gales, de promesses non tenues et de frustrations socio-\u00e9conomiques.\n<\/p>\n<p>\n\u00c9viter un \u00e9clatement en zones d\u2019influence implique de :\n<\/p>\n<ul>\n<li><strong>reconna\u00eetre la diversit\u00e9 des attentes<\/strong> entre zones rurales, villes secondaires et capitales, ainsi qu\u2019entre groupes sociaux ;<\/li>\n<li><strong>inclure davantage les acteurs non \u00e9tatiques<\/strong> (soci\u00e9t\u00e9 civile, organisations professionnelles, autorit\u00e9s religieuses et coutumi\u00e8res) dans la d\u00e9finition des priorit\u00e9s de s\u00e9curit\u00e9 et de d\u00e9veloppement ;<\/li>\n<li><strong>r\u00e9duire les asym\u00e9tries d\u2019information<\/strong> sur les accords de d\u00e9fense, les partenariats s\u00e9curitaires et les projets de d\u00e9veloppement, afin de limiter les rumeurs et les instrumentalisations politiques.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\nUne gouvernance plus transparente des partenariats internationaux peut contribuer \u00e0 att\u00e9nuer la perception de \u00ab protectorats \u00bb ou de \u00ab zones sous tutelle \u00bb, qui nourrit les discours de rupture radicale.\n<\/p>\n<h2>Tendances lourdes et signaux faibles \u00e0 surveiller<\/h2>\n<p>\nPlusieurs tendances structurantes orientent l\u2019avenir du Sahel :\n<\/p>\n<ul>\n<li><strong>la consolidation de coalitions r\u00e9gionales alternatives<\/strong> (comme l\u2019AES) et leur \u00e9ventuelle institutionnalisation durable ;<\/li>\n<li><strong>la poursuite de la projection de groupes jihadistes vers les pays c\u00f4tiers<\/strong>, qui peut inciter ces derniers \u00e0 d\u00e9velopper des architectures s\u00e9curitaires de plus en plus autonomes par rapport au Sahel central ;<\/li>\n<li><strong>l\u2019ancrage de nouveaux partenariats s\u00e9curitaires<\/strong> avec des puissances ext\u00e9rieures, dont la durabilit\u00e9 et les modalit\u00e9s de sortie restent incertaines ;<\/li>\n<li><strong>la pression d\u00e9mographique, climatique et \u00e9conomique<\/strong>, qui accentue les tensions locales sur les ressources et alimente les recompositions arm\u00e9es.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\nParmi les signaux faibles \u00e0 suivre de pr\u00e8s :\n<\/p>\n<ul>\n<li>l\u2019\u00e9volution des alliances locales entre groupes arm\u00e9s, milices et autorit\u00e9s \u00e9tatiques, qui peut redessiner rapidement les \u00e9quilibres territoriaux ;<\/li>\n<li>les transformations des routes de trafics (or, carburant, stup\u00e9fiants), susceptibles de d\u00e9placer les centres de gravit\u00e9 de la violence ;<\/li>\n<li>les d\u00e9bats internes aux organisations r\u00e9gionales africaines sur la r\u00e9forme de leurs m\u00e9canismes de s\u00e9curit\u00e9 collective et de pr\u00e9vention des coups d\u2019\u00c9tat.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\nL\u2019avenir du Sahel ne se r\u00e9sumera probablement pas \u00e0 un partage simple en \u00ab zones d\u2019influence \u00bb clairement d\u00e9limit\u00e9es. Le risque majeur est plut\u00f4t celui d\u2019une mosa\u00efque de r\u00e9gimes de s\u00e9curit\u00e9 et de gouvernance h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes, parfois concurrents, qui compliquent la protection des populations, la circulation des biens et la gestion des crises. Les marges de man\u0153uvre existent encore pour limiter cette fragmentation, \u00e0 condition d\u2019articuler intelligemment \u00e9chelles locale, nationale et r\u00e9gionale, et de consid\u00e9rer les soci\u00e9t\u00e9s sah\u00e9liennes comme des acteurs \u00e0 part enti\u00e8re, et non comme de simples objets de rivalit\u00e9s g\u00e9opolitiques.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Sahel est au c\u0153ur d\u2019une recomposition g\u00e9opolitique rapide : retraits partiels ou totaux des forces occidentales, mont\u00e9e en puissance d\u2019acteurs militaires russes, affirmation de nouvelles coalitions r\u00e9gionales (Alliance des \u00c9tats du Sahel), tensions avec la CEDEAO, et persistance d\u2019une conflictualit\u00e9 arm\u00e9e diffuse. 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