{"id":22441,"date":"2025-09-21T08:12:49","date_gmt":"2025-09-21T08:12:49","guid":{"rendered":"https:\/\/sahel.watch\/les-mines-transfrontalieres-alimentent-elles-les-groupes-armes\/"},"modified":"2026-03-22T18:08:44","modified_gmt":"2026-03-22T18:08:44","slug":"les-mines-transfrontalieres-alimentent-elles-les-groupes-armes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sahel.watch\/en\/les-mines-transfrontalieres-alimentent-elles-les-groupes-armes\/","title":{"rendered":"Les mines transfrontali\u00e8res alimentent-elles les groupes arm\u00e9s ?"},"content":{"rendered":"<p>Dans l\u2019espace sah\u00e9lien et le Golfe de Guin\u00e9e, les sites miniers situ\u00e9s pr\u00e8s des fronti\u00e8res \u2013 notamment aurif\u00e8res \u2013 sont souvent pr\u00e9sent\u00e9s comme un \u00ab tr\u00e9sor de guerre \u00bb pour les groupes arm\u00e9s. La r\u00e9alit\u00e9 est plus complexe. Les mines ne sont pas toujours contr\u00f4l\u00e9es directement par des organisations jihadistes ou des milices, mais elles s\u2019inscrivent dans des \u00e9conomies transfrontali\u00e8res o\u00f9 se croisent orpaillage artisanal, trafics, fiscalit\u00e9 informelle et corruption.<\/p>\n<h2>Que sont les mines transfrontali\u00e8res en Afrique de l\u2019Ouest ?<\/h2>\n<p>Les mines transfrontali\u00e8res d\u00e9signent des sites d\u2019extraction situ\u00e9s \u00e0 proximit\u00e9 imm\u00e9diate d\u2019une fronti\u00e8re ou au sein de bassins miniers qui s\u2019\u00e9tendent sur plusieurs pays. En Afrique de l\u2019Ouest, il s\u2019agit surtout :<\/p>\n<ul>\n<li>de sites d\u2019orpaillage artisanal ou semi-m\u00e9canis\u00e9, souvent informels ou faiblement encadr\u00e9s ;<\/li>\n<li>de concessions industrielles jouxtant des zones de faible pr\u00e9sence \u00e9tatique ;<\/li>\n<li>de corridors miniers reliant plusieurs pays (par exemple Mali\u2013Burkina Faso\u2013Niger, ou Burkina Faso\u2013Togo\u2013Ghana\u2013C\u00f4te d\u2019Ivoire).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces espaces combinent plusieurs caract\u00e9ristiques favorables aux \u00e9conomies arm\u00e9es :<\/p>\n<ul>\n<li>pr\u00e9sence limit\u00e9e ou fragment\u00e9e de l\u2019\u00c9tat (forces de s\u00e9curit\u00e9 peu nombreuses, administrations absentes ou contest\u00e9es) ;<\/li>\n<li>forte mobilit\u00e9 des personnes, des marchandises et des capitaux ;<\/li>\n<li>importance du secteur informel et de la contrebande ;<\/li>\n<li>tissu social travers\u00e9 par des r\u00e9seaux communautaires et commerciaux transnationaux.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Dans ce contexte, mines et fronti\u00e8res deviennent des ressources \u00e0 la fois \u00e9conomiques, politiques et s\u00e9curitaires.<\/p>\n<h2>Comment les groupes arm\u00e9s tirent profit des mines ?<\/h2>\n<p>Les groupes arm\u00e9s \u2013 jihadistes, milices communautaires, bandits organis\u00e9s \u2013 ne se contentent pas d\u2019\u00ab exploiter des mines \u00bb. Ils s\u2019ins\u00e8rent dans des cha\u00eenes de valeur d\u00e9j\u00e0 existantes, en modulant leur degr\u00e9 de contr\u00f4le selon le contexte local.<\/p>\n<h3>Taxation et \u00ab protection \u00bb<\/h3>\n<p>Le m\u00e9canisme le plus courant est la fiscalit\u00e9 informelle. Des travaux de l\u2019International Crisis Group, de Clingendael et de l\u2019International Peace Information Service montrent que dans plusieurs zones du Liptako-Gourma (Mali\u2013Burkina Faso\u2013Niger) et du nord du Burkina Faso :<\/p>\n<ul>\n<li>les groupes arm\u00e9s pr\u00e9l\u00e8vent des taxes \u00e0 l\u2019entr\u00e9e des sites, sur les puits ou sur les broyeurs ;<\/li>\n<li>des redevances sont exig\u00e9es sur chaque gramme d\u2019or produit ou vendu ;<\/li>\n<li>des droits de passage sont impos\u00e9s sur les routes permettant d\u2019acheminer le minerai ou l\u2019or raffin\u00e9 vers les march\u00e9s frontaliers.<\/li>\n<\/ul>\n<p>En \u00e9change, ces groupes offrent une forme de \u00ab protection \u00bb contre les vols, les rackets concurrents, ou contre des milices rivales. Dans certains cas, ils arbitrent aussi des conflits entre orpailleurs, propri\u00e9taires terriens et chefs locaux, renfor\u00e7ant ainsi leur l\u00e9gitimit\u00e9 aupr\u00e8s de certaines communaut\u00e9s.<\/p>\n<h3>Contr\u00f4le partiel ou total des sites<\/h3>\n<p>Dans quelques zones sp\u00e9cifiques, des groupes arm\u00e9s imposent un contr\u00f4le plus direct :<\/p>\n<ul>\n<li>r\u00e9gulation des horaires d\u2019acc\u00e8s aux sites ;<\/li>\n<li>interdiction d\u2019entr\u00e9e pour les forces de s\u00e9curit\u00e9 ou pour certaines autorit\u00e9s locales ;<\/li>\n<li>imposition de r\u00e8gles sociales (tenue vestimentaire, consommation d\u2019alcool, musique, etc.) dans une logique de gouvernance arm\u00e9e.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Des rapports de l\u2019ONU et d\u2019organisations sp\u00e9cialis\u00e9es sur les flux illicites documentent des cas o\u00f9 des katibas affili\u00e9es \u00e0 Al-Qa\u00efda ou \u00e0 l\u2019\u00c9tat islamique au Sahel ont temporairement ferm\u00e9 des sites, expuls\u00e9 des orpailleurs jug\u00e9s ind\u00e9sirables ou redistribu\u00e9 une partie des revenus \u00e0 des communaut\u00e9s alli\u00e9es. Ce type de contr\u00f4le reste cependant variable dans le temps et d\u00e9pend de l\u2019\u00e9quilibre local des forces.<\/p>\n<h3>Participation aux cha\u00eenes de commercialisation<\/h3>\n<p>Les groupes arm\u00e9s interviennent aussi en aval de la production :<\/p>\n<ul>\n<li>s\u00e9curisation de convois d\u2019or ou de num\u00e9raire ;<\/li>\n<li>partenariats tacites avec des acheteurs locaux ou des interm\u00e9diaires commerciaux ;<\/li>\n<li>implication dans des r\u00e9seaux de contrebande vers des pays c\u00f4tiers o\u00f9 l\u2019or est export\u00e9, parfois via des circuits formels.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Dans plusieurs pays du Golfe de Guin\u00e9e, des \u00e9tudes de l\u2019OCDE et de l\u2019UNODC montrent que l\u2019or d\u2019origine sah\u00e9lienne est m\u00e9lang\u00e9 \u00e0 de l\u2019or local avant d\u2019\u00eatre export\u00e9 vers des centres internationaux de raffinage. Les groupes arm\u00e9s ne contr\u00f4lent pas toute la cha\u00eene, mais captent une partie de la valeur \u00e0 diff\u00e9rents maillons, souvent gr\u00e2ce \u00e0 des alliances avec des acteurs \u00e9conomiques formels et informels.<\/p>\n<h2>Les mines alimentent-elles principalement les groupes arm\u00e9s ?<\/h2>\n<p>Les mines transfrontali\u00e8res constituent une source importante de revenus pour certains groupes, mais elles ne sont ni la seule ni toujours la principale. Les recherches acad\u00e9miques et les bases de donn\u00e9es comme ACLED ou Small Arms Survey mettent en \u00e9vidence une pluralit\u00e9 de sources de financement :<\/p>\n<ul>\n<li>taxation des routes commerciales (b\u00e9tail, carburant, produits de consommation) ;<\/li>\n<li>rackets sur les march\u00e9s locaux et les transporteurs ;<\/li>\n<li>trafics divers (armes, drogues, v\u00e9hicules vol\u00e9s, migrants, etc.) ;<\/li>\n<li>contributions forc\u00e9es ou volontaires de certaines communaut\u00e9s ;<\/li>\n<li>rentes li\u00e9es \u00e0 des activit\u00e9s agricoles, pastorales ou foresti\u00e8res (bois, charbon de bois, faune sauvage).<\/li>\n<\/ul>\n<p>La place des mines dans ce portefeuille varie selon :<\/p>\n<ul>\n<li>la richesse du sous-sol local et la pr\u00e9sence de sites aurif\u00e8res ;<\/li>\n<li>la densit\u00e9 de population et la fr\u00e9quentation des sites par les orpailleurs ;<\/li>\n<li>la concurrence entre groupes arm\u00e9s, milices, forces de s\u00e9curit\u00e9 et autorit\u00e9s locales ;<\/li>\n<li>les politiques publiques (fermeture de sites, militarisation, l\u00e9galisation partielle de l\u2019orpaillage).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Dans certaines zones du Burkina Faso ou du Niger, la rente mini\u00e8re peut repr\u00e9senter une part significative des ressources d\u2019un groupe. Dans d\u2019autres, la taxe sur les routes commerciales ou les enl\u00e8vements contre ran\u00e7on demeurent plus lucratifs. Les mines alimentent donc les groupes arm\u00e9s, mais s\u2019inscrivent dans un syst\u00e8me \u00e9conomique plus large, plut\u00f4t que d\u2019en \u00eatre l\u2019unique moteur.<\/p>\n<h2>Pourquoi les zones mini\u00e8res transfrontali\u00e8res sont-elles si sensibles ?<\/h2>\n<p>Au-del\u00e0 de la question du financement, les mines transfrontali\u00e8res jouent un r\u00f4le structurant dans les dynamiques de conflit.<\/p>\n<h3>Concurrence pour l\u2019acc\u00e8s aux ressources<\/h3>\n<p>Les sites aurif\u00e8res attirent des milliers de personnes : orpailleurs, commer\u00e7ants, transporteurs, propri\u00e9taires d\u2019\u00e9quipements, interm\u00e9diaires financiers. Cette concentration de populations et de capitaux cr\u00e9e :<\/p>\n<ul>\n<li>des tensions fonci\u00e8res entre communaut\u00e9s locales, migrants, \u00e9leveurs et agriculteurs ;<\/li>\n<li>des rivalit\u00e9s entre autorit\u00e9s coutumi\u00e8res et repr\u00e9sentants de l\u2019\u00c9tat autour des droits de contr\u00f4le et de taxation ;<\/li>\n<li>des conflits entre exploitants artisanaux et compagnies mini\u00e8res industrielles.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les groupes arm\u00e9s exploitent ces tensions en se posant en protecteurs d\u2019une communaut\u00e9, en arbitres de conflits, ou en d\u00e9fenseurs de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la ressource. Cette instrumentalisation renforce leur ancrage social.<\/p>\n<h3>Zones de refuge et de repli<\/h3>\n<p>Les mines transfrontali\u00e8res se situent souvent dans des zones bois\u00e9es ou difficiles d\u2019acc\u00e8s, avec de multiples pistes non contr\u00f4l\u00e9es. Elles offrent :<\/p>\n<ul>\n<li>des espaces de repli ou de transit pour les combattants ;<\/li>\n<li>des opportunit\u00e9s de camouflage parmi les populations d\u2019orpailleurs ;<\/li>\n<li>des points d\u2019appui logistiques (approvisionnement, soins, information).<\/li>\n<\/ul>\n<p>La proximit\u00e9 d\u2019une fronti\u00e8re permet de se soustraire plus facilement aux op\u00e9rations militaires d\u2019un \u00c9tat en franchissant la ligne, surtout lorsque la coop\u00e9ration transfrontali\u00e8re est limit\u00e9e ou politis\u00e9e.<\/p>\n<h3>Enjeux de gouvernance et de l\u00e9gitimit\u00e9<\/h3>\n<p>La mani\u00e8re dont les \u00c9tats g\u00e8rent l\u2019orpaillage et la fiscalit\u00e9 mini\u00e8re a un impact direct sur la dynamique de violence. Des politiques per\u00e7ues comme pr\u00e9datrices, discriminatoires ou brutales (fermetures forc\u00e9es, destructions de mat\u00e9riels, violences lors de contr\u00f4les) peuvent :<\/p>\n<ul>\n<li>alimenter le ressentiment contre l\u2019\u00c9tat ;<\/li>\n<li>renforcer l\u2019attrait des groupes arm\u00e9s qui promettent une \u00ab justice \u00bb alternative ;<\/li>\n<li>pousser certains acteurs \u00e9conomiques \u00e0 chercher la protection de milices ou de groupes jihadistes.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\u00c0 l\u2019inverse, des initiatives de r\u00e9gulation concert\u00e9e, de formalisation progressive et de partage plus \u00e9quitable des revenus peuvent r\u00e9duire la marge de man\u0153uvre des groupes arm\u00e9s, m\u00eame si les r\u00e9sultats restent souvent mitig\u00e9s et lents.<\/p>\n<h2>Des dynamiques diff\u00e9renci\u00e9es selon les pays<\/h2>\n<p>La relation entre mines transfrontali\u00e8res et groupes arm\u00e9s varie notablement d\u2019un pays \u00e0 l\u2019autre.<\/p>\n<h3>Sahel central : une articulation forte mines\u2013conflits<\/h3>\n<p>Au Mali, au Burkina Faso et au Niger, plusieurs \u00e9tudes (ISS Africa, ICG, Small Arms Survey) soulignent :<\/p>\n<ul>\n<li>une pr\u00e9sence significative de groupes jihadistes ou de milices sur ou autour de nombreux sites d\u2019orpaillage ;<\/li>\n<li>une imbrication entre conflits communautaires, rivalit\u00e9s autour des sites miniers et affaiblissement de l\u2019\u00c9tat ;<\/li>\n<li>des flux d\u2019or qui alimentent des circuits de contrebande r\u00e9gionaux, avec une tra\u00e7abilit\u00e9 tr\u00e8s limit\u00e9e.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Dans ces contextes, les mines transfrontali\u00e8res contribuent de mani\u00e8re tangible \u00e0 la r\u00e9silience financi\u00e8re des groupes arm\u00e9s, tout en structurant des espaces o\u00f9 l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat est concurrenc\u00e9e.<\/p>\n<h3>Golfe de Guin\u00e9e : risques croissants, configurations diverses<\/h3>\n<p>Au B\u00e9nin, au Togo, en C\u00f4te d\u2019Ivoire ou au Nigeria, la situation est plus contrast\u00e9e :<\/p>\n<ul>\n<li>dans certaines zones frontali\u00e8res avec le Burkina Faso ou le Niger, des groupes arm\u00e9s se rapprochent de sites aurif\u00e8res ou tentent d\u2019y imposer des pr\u00e9l\u00e8vements ;<\/li>\n<li>dans d\u2019autres, les enjeux miniers sont davantage li\u00e9s \u00e0 la criminalit\u00e9 organis\u00e9e, au banditisme et \u00e0 la corruption qu\u2019\u00e0 des groupes jihadistes structur\u00e9s ;<\/li>\n<li>les \u00c9tats cherchent parfois \u00e0 renforcer la r\u00e9gulation ou \u00e0 militariser certains sites, avec des effets ambivalents sur les tensions locales.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La diffusion de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 depuis le Sahel vers les pays c\u00f4tiers fait des mines transfrontali\u00e8res un enjeu \u00e0 surveiller, sans qu\u2019elles soient partout un moteur central du financement arm\u00e9.<\/p>\n<h2>Quels enseignements pour les acteurs publics et priv\u00e9s ?<\/h2>\n<p>Les mines transfrontali\u00e8res ne \u00ab cr\u00e9ent \u00bb pas \u00e0 elles seules les groupes arm\u00e9s, mais elles alimentent des \u00e9conomies politiques de la violence. Plusieurs enseignements se d\u00e9gagent :<\/p>\n<ul>\n<li>la rente mini\u00e8re renforce la capacit\u00e9 de survie de groupes d\u00e9j\u00e0 implant\u00e9s localement, plut\u00f4t qu\u2019elle ne d\u00e9clenche ex nihilo leur \u00e9mergence ;<\/li>\n<li>les interactions entre orpaillage, gouvernance locale, corruption et pr\u00e9sence s\u00e9curitaire sont d\u00e9terminantes pour comprendre l\u2019ampleur des pr\u00e9l\u00e8vements arm\u00e9s ;<\/li>\n<li>les r\u00e9ponses centr\u00e9es uniquement sur la fermeture ou la militarisation des sites peuvent d\u00e9placer les probl\u00e8mes sans les r\u00e9soudre, voire aggraver la d\u00e9fiance envers l\u2019\u00c9tat ;<\/li>\n<li>les cha\u00eenes de valeur de l\u2019or, depuis le puits jusqu\u2019aux march\u00e9s internationaux, impliquent des acteurs formels et informels dont certains b\u00e9n\u00e9ficient indirectement des pr\u00e9l\u00e8vements arm\u00e9s.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La question n\u2019est donc pas seulement de savoir si les mines transfrontali\u00e8res \u00ab alimentent \u00bb les groupes arm\u00e9s, mais de comprendre comment leur insertion dans des \u00e9conomies locales et r\u00e9gionales fragiles contribue \u00e0 structurer des espaces o\u00f9 la violence devient une modalit\u00e9 ordinaire de r\u00e9gulation et de redistribution.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans l\u2019espace sah\u00e9lien et le Golfe de Guin\u00e9e, les sites miniers situ\u00e9s pr\u00e8s des fronti\u00e8res \u2013 notamment aurif\u00e8res \u2013 sont souvent pr\u00e9sent\u00e9s comme un \u00ab tr\u00e9sor de guerre \u00bb pour les groupes arm\u00e9s. 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